L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a annoncé, mercredi 21 avril 2026, avoir été condamné à trois ans de prison ferme et à une amende de cinq millions de dinars algériens par la justice en Algérie. L’auteur, récompensé par le Prix Goncourt en 2024 pour son roman Houris, affirme que cette décision judiciaire découle d’une procédure engagée contre lui dans son pays d’origine.
Dans un message publié sur le réseau social X, l’écrivain a indiqué que le verdict faisait suite au procès tenu le 7 avril 2026. Selon lui, la décision a été rendue le 21 avril, un délai qu’il qualifie d’inhabituel dans l’histoire judiciaire algérienne. La condamnation serait prononcée au titre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, un dispositif juridique instauré après la guerre civile qui a marqué le pays.
Pour l’instant, aucune confirmation officielle de cette condamnation n’a été communiquée par les autorités judiciaires à Alger. L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée en novembre 2024 par une femme nommée Saâda Arbane, qui accuse l’écrivain et son épouse psychiatre d’avoir utilisé son histoire personnelle comme source d’inspiration pour le roman Houris, sans son consentement.
Dans ce livre, l’auteur raconte le destin tragique d’Aube, une jeune femme devenue muette après avoir survécu à une tentative d’égorgement commise par un islamiste le 31 décembre 1999. Or, la plaignante affirme que ce personnage serait directement inspiré de son propre vécu. Elle soutient avoir été utilisée comme modèle pour la construction du personnage, alors qu’elle n’aurait jamais donné son accord.
Saâda Arbane a survécu à une attaque terroriste durant la période connue comme la « décennie noire », une guerre civile particulièrement meurtrière qui a frappé l’Algérie entre 1992 et 2002 et causé la mort d’au moins 200 000 personnes selon les chiffres officiels. Dans sa plainte, elle réclame également près de 200 000 euros de dommages et intérêts.
Le roman Houris aborde justement cette période sombre de l’histoire contemporaine algérienne. Toutefois, l’ouvrage ne peut pas être publié en Algérie en raison d’une loi interdisant les livres traitant directement de cette décennie marquée par les violences.
Par ailleurs, l’affaire dépasse désormais le cadre national. La justice algérienne a émis en mai 2025 deux mandats d’arrêt internationaux contre l’écrivain. De son côté, la justice française examine également une procédure liée au respect de la vie privée, en lien avec l’utilisation présumée d’une histoire personnelle dans l’œuvre littéraire.
Cette affaire relance le débat sur la liberté de création littéraire, la protection de la vie privée et la mémoire des conflits en Algérie. Elle soulève également des questions sensibles sur les limites de la fiction lorsqu’elle s’inspire de faits réels et de témoignages liés à des tragédies historiques encore profondément ancrées dans la société.
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Condamnation de l’écrivain Kamel Daoud en Algérie : trois ans de prison ferme pour son roman Houris
- IFY MEDIA
- 22 Apr, 2026
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